| Conférence de presse du 10 juillet 2007 |
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2007/07/10 |
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Dans l'après-midi du 10 juillet 2007, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Qin Gang a tenu une conférence de presse et a répondu aux questions concernant, entre autres, les pourparlers à six, l'attaque contre des ouvriers chinois au Pakistan et le changement climatique.
Qin Gang : Bonjour à tous ! Aujourd'hui, nous avons parmi nous des auditeurs particuliers qui sont des professeurs et élèves venant de cinq lycées hongkongais, membres de la délégation des gagnants du 1er concours des connaissances diplomatiques de la « Coupe de Hong Kong ». Je les félicite et leur souhaite la bienvenue. J'espère que cette séance leur permettra de mieux connaître la diplomatie et souhaite qu'ils continuent à travailler d'arrache-pied pour être plus compétents, avoir une vision plus large du monde et contribuer à un plus bel avenir de Hong Kong et de notre mère patrie.
Sont aussi présents des amis journalistes de la délégation de presse du Ministère japonais des Affaires étrangères. Eux aussi, ils sont les bienvenus.
Maintenant, je suis prêt à répondre à vos questions.
Q : Moi aussi, je suis très heureux de pouvoir assister à cette conférence de presse. Selon des reportages de la République de Corée, les pourparlers à six reprendront le 18 juillet. Pouvez-vous le confirmer ?
R : Vous devez être heureux, car chaque fois, je vous souhaite la bienvenue. (Eclat de rire dans l'audience)
Quant à la date de reprise des pourparlers à six, la Chine est en étroite concertation avec les autres parties concernées. Nous essayerons d'organiser une réunion des chefs de délégation dans la deuxième décade du mois, ce qui nécessite, bien sûr, un commun accord des différentes parties.
Q : Il y a quelques jours, trois ouvriers chinois ont été tués au Pakistan. Quel est le commentaire de la Chine ? Pourquoi ces ouvriers sont-ils devenus la cible d'attaque ? Deuxième question, le directeur d'une société chinoise a été enlevé au Niger par le Mouvement nigérien pour la justice. Selon le groupe, cette société chinoise finance l'achat d'armes par le gouvernement nigérien aux gouvernements chinois et russe pour juguler les mouvements rebelles locaux. Quelle est la réaction chinoise ?
R : S'agissant de l'attaque contre quatre Chinois au Pakistan, dont trois morts, le gouvernement chinois en fait grand cas et condamne fermement l'attaque. Le Ministère chinois des Affaires étrangères et l'Ambassade de Chine au Pakistan ont fait des démarches urgentes auprès de l'Ambassade du Pakistan en Chine et des autorités pakistanaises concernées, leur demandant de tirer au clair cette affaire, d'en punir les auteurs, de soigner le blessé et de bien gérer l'après-décès. En même temps, nous leur demandons de prendre des mesures effectives pour mieux protéger les ressortissants chinois et les sociétés aux capitaux chinois au Pakistan et éviter le même scénario. Le gouvernement chinois conseille aussi aux ressortissants chinois au Pakistan d'être plus vigilants et de renforcer les mesures de sécurité pour mieux se protéger.
Quant à votre deuxième question, à ma connaissance, les autorités chinoises concernées sont en train de faire tout le possible pour sauver l'otage. Jusqu'à maintenant, l'otage est en sécurité.
La coopération mutuellement avantageuse et d'égal à égal entre la Chine et le Niger profite au développement économique et social local et à l'amélioration des conditions de vie de la population. Comme tout le monde le sait, la Chine poursuit depuis toujours, dans sa diplomatie, le principe de non-ingérence dans les affaires d'autrui. Elle est d'ailleurs prudente et responsable dans l'exportation des armes. Nous exhortons le gouvernement nigérien à prendre des mesures efficaces pour assurer la sécurité personnelle et des biens des ressortissants chinois et des sociétés chinoises au Niger.
Q : Selon la presse, le Secrétaire d'Etat américain adjoint Christopher Hill se rendra prochainement en Chine, en République de Corée et au Japon. Veuillez le confirmer.
R : Jusqu'aujourd'hui, je n'ai pas d'information sur la date précise de sa prochaine visite en Chine. Et comme je l'ai dit tout à l'heure, la Chine reste en étroite concertation avec les autres parties pour essayer de tenir une réunion des chefs de délégation dans la deuxième décade du mois.
Q : Récemment, le Bureau du FBI à San Francisco a publié, sur un journal local en chinois, une annonce d'appel à informations de sécurité concernant les Etats-Unis, faisant allusion au Ministère chinois de la Sûreté de l'Etat qui aurait selon lui porté atteinte aux intérêts de sécurité des Etats-Unis. Quel est le commentaire de la partie chinoise ?
R : Fidèles aux responsabilités qui leur sont attribuées par la loi, qui consistent à préserver la sûreté et les intérêts de l'Etat, les autorités chinoises de sécurité s'abstiennent de toute pratique visant à renverser le régime d'un autre pays, à nuire à la souveraineté, à l'intégrité territoriale et aux intérêts de sécurité d'un autre pays.
La Chine exprime son indignation devant cette affaire et son ferme rejet des éléments de cette annonce qui sont de pure invention.
Certains Américains, allant à l'encontre du courant de notre époque, s'obstinent dans la logique de la Guerre froide, tentent de noircir l'image de la Chine et diffusent l'assertion de la « menace de la Chine ». Impopulaire, cet agissement est voué à l'échec. La partie chinoise exhorte la partie américaine à prendre des mesures effectives pour remédier à cette erreur et en effacer les effets pervers, en arrêtant tout acte qui puisse nuire aux relations sino-américaines et à l'amitié entre les deux peuples.
Q (du même journaliste) : Vous avez dit tout à l'heure que certains restent dans la logique de la Guerre froide, alors qui sont-ils exactement ? Des officiels de l'administration américaine ou d'autres individus ? D'après vous, pour quel motif diffusent-ils l'assertion de la « menace de la Chine » ?
R : Je ne sais pas si vous avez lu cette annonce. Je suis sûr qu'en tant que journaliste américain, vous connaissez très bien ce que disent les médias américains de la Chine et qu'il ne vous est pas difficile d'en tirer une conclusion.
Q : Le 3 juillet, le dirigeant de la RPDC Kim Jong-il a reçu le Ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi. Pourquoi le Ministère des Affaires étrangères et l'Agence Chine nouvelle n'ont évoqué dans leurs reportages que son titre de « Secrétaire général du Parti du Travail de la RPDC », sans mentionner celui de « Président de la Commission de défense nationale » ?
R : Je vous trouve trop sensible à ce sujet. Là, nous avons adopté l'usage courant. Y a-t-il des inconvénients ?
Q : Selon un officiel du Pentagone, les Etats-Unis ont exprimé leurs préoccupations à la Chine sur l'utilisation d'armes chinoises par les Talibans et des organisations rebelles irakiennes. D'ailleurs, selon le quotidien britannique Financial Times, un officiel américain a estimé que les armes fabriquées en Chine sont entrées dans ces pays à travers l'Iran et il a espéré que la Chine renforcera son contrôle de l'exportation des armes. Ce sont bien ces préoccupations que la partie américaine a exprimées à la partie chinoise ? Des armes fabriquées en Chine ont-elles été découvertes en Afghanistan et en Irak ? Le gouvernement chinois a-t-il déjà mené une enquête là-dessus ? Pour réagir aux préoccupations américaines, la Chine changera-t-elle sa politique de vente d'armes envers l'Iran ?
R : Sur l'exportation des articles militaires, le gouvernement chinois, prudent et responsable depuis toujours, agit en vertu des lois et règlements chinois et dans le respect de ses obligations internationales. Trois principes sont strictement observés à cet égard : favoriser le renforcement des capacités de défense légitime des pays acheteurs, ne pas nuire à la paix, à la sécurité ni à la stabilité des régions concernées, ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures des pays acheteurs. La Chine maintient un commerce militaire normal avec des pays et le gouvernement chinois ne vend des armes qu'aux pays souverains. Je voudrais encore ajouter que sans l'accord du gouvernement chinois, le pays acheteur n'a pas le droit de céder ces armes à une tierce partie.
Q (du même journaliste) : S'agissant des armes de fabrication chinoise découvertes en Irak et en Afghanistan, la partie américaine a-t-elle exprimé ses préoccupations à la partie chinoise ?
R : Je n'en ai pas entendu parler.
Q (toujours du même journaliste) : A votre connaissance, des armes chinoises ont-elles été exportées vers l'Afghanistan et l'Irak ?
R : Je n'en ai pas entendu parler. Que ce soit en Afghanistan ou en Irak, les armes les plus nombreuses ne sont pas fabriquées par la Chine, ce qui n'est d'ailleurs pas possible.
Q : Ce matin, les forces pakistanaises de sécurité ont donné l'assaut contre la Mosquée rouge d'Islamabad, près de 40 personnes ont trouvé la mort. Quel est le commentaire du gouvernement chinois ?
R : Nous avons pris note de l'évolution de la situation. Nous sommes confiants en la capacité du gouvernement pakistanais de gérer ce dossier, et nous souhaitons la stabilité et le développement au pays.
Q : Bien que 99% des produits chinois exportés répondent à la norme, pas mal de problèmes ont été constatés, pourquoi ?
R : Lors de la conférence de presse de la semaine dernière, j'ai déjà répondu de manière détaillée à la question, les autorités chinoises compétentes ont aussi présenté à plusieurs reprises aux médias les politiques et les pratiques chinoises à ce sujet. Je n'ai pas à répéter.
Je voudrais pourtant souligner que le gouvernement chinois accorde une grande importance à la qualité et à la sécurité des produits exportés, que nous espérons voir la communauté internationale et les médias faire preuve d'objectivité, de sang-froid et de raison à cet égard. Quant au règlement de ce problème ou à l'élimination de ses effets, cela nécessite les efforts de nous tous.
Q : Vous avez dit tout à l'heure que la Chine souhaitait organiser à la mi-juillet une réunion des chefs des délégations des pourparlers à six. Est-ce que la partie chinoise attend de la RPDC un début de fermeture du site nucléaire de Yongbyon avant cette réunion ? Quels sujets veut-elle aborder durant cette rencontre ? Et quels résultats souhaite-elle en obtenir ? Ma deuxième question concerne le Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la question du Myanmar, qui est actuellement en visite en Chine. Sur quels sujets ont porté ses discussions avec les officiels chinois ?
R : Sur votre première question, nous espérons que les parties concernées pourront agir de manière concertée et honorer le plus tôt possible leurs engagements respectifs pour bien mettre en œuvre les actions initiales. Quant aux sujets de la réunion des chefs des délégations des pourparlers à six, ils devront être définis en commun par les différentes parties. Je crois qu'on discutera surtout de la mise en exécution des actions initiales.
En ce qui concerne votre deuxième question, le Conseiller spécial du secrétaire général de l'ONU pour la question du Myanmar Ibrahim Gambari effectue sur invitation une visite en Chine du 8 au 10 juillet. Au cours de cette visite, il a eu des échanges de vues avec le Vice-Ministre chinois des Affaires étrangères Dai Bingguo et le Ministre assistant Cui Tiankai sur la situation au Myanmar et les bons offices de l'ONU.
Durant ces rencontres et entretiens, nous avons exprimé notre souhait que le Myanmar, pays voisin de la Chine, puisse réaliser la stabilité, le développement économique, la réconciliation nationale et l'harmonie sociale, car cela correspond non seulement à ses propres intérêts mais aussi aux intérêts communs de la communauté internationale. Nous ne pensons pas que la situation dans ce pays constitue une menace pour la paix et la sécurité régionales et internationales. Il appartient au peuple du Myanmar de régler indépendamment leurs questions internes, avec l'aide constructive de la communauté internationale. La Chine soutient les bons offices offerts par le Secrétaire général des Nations Unies et son Conseiller spécial.
Q : Aujourd'hui, un attentat a frappé la Palestine, causant de nombreux morts et blessés. Y-a-il eu des victimes de nationalité chinoise ?
R : Pour l'instant, aucune information nous indique qu'il y ait eu de morts ou de blessés parmi les ressortissants chinois.
Q : Est-ce que les discussions entre les chefs des délégations des pourparlers à six porteront, au-delà des actions initiales, sur le travail à mener après la phase initiale ?
R : Un ancien sage chinois dit, « une marche de mille lis commence toujours par le premier pas ». L'urgence pour les parties concernées est de prendre des mesures actives pour bien appliquer, de façon globale et équilibrée, les actions de la phase initiale. Ce n'est que sur cette base que nous pouvons parler des actions plus poussées afin de réaliser la dénucléarisation de la Péninsule coréenne et d'assurer une paix et une stabilité durables en Asie du Nord-Est.
Q : Au cours de sa visite en RPDC au début juillet, le Ministre Yang Jiechi a été reçu par le Secrétaire général du Comité central du Parti du Travail Kim Jong-il. De son retour, le Ministre Yang vous a-t-il parlé de l'état de santé de Kim Jong-il ?
R : La santé étant une question privée, je ne trouve pas convenable d'en parler ici.
Q : Je voudrais comprendre le principe des « responsabilités communes mais différenciées » défendu par la Chine sur la question du changement climatique. Dans la lutte contre le changement climatique, comment la Chine différencie-t-elle ses responsabilités et celles des autres pays en développement ? Les plus de 140 pays en développement dans le monde sont classés par la Banque mondiale en trois catégories : pays à faible revenu, pays à revenu moyen inférieur et pays à revenu moyen supérieur, et la Chine appartient à la dernière catégorie. Pourriez-vous nous clarifier alors la position de la Chine sur cette question ?
R : Après avoir écouté votre question, je crois qu'il est effectivement nécessaire de clarifier une chose.
Je ne sais pas comment vous interprétez la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement climatique et le Protocole de Kyoto. Le principe des « responsabilités communes mais différenciées » ne vise pas uniquement la Chine, mais s'applique à toute la communauté internationale, qu'il s'agisse des pays développés ou en développement. « Communes », ça veut dire que tous les pays ont la responsabilité et le devoir de lutter contre le changement climatique. Dans le même temps, il faut tenir compte des raisons principales de la situation actuelle et du fait que les pays développés et les pays en développement, se trouvant dans de différentes phases de développement économique et social, ont des responsabilités différentes. La Chine ne se pose pas ici comme une exception, mais un membre de la communauté des pays en développement. Le principe des « responsabilités communes mais différentiées » s'applique donc à la Chine comme aux autres pays en développement. Mais bien sûr, les pays en développement doivent, en fonction de leurs réalités nationales, de leur niveau de développement et de leurs propres conditions, prendre des mesures efficaces dans le cadre de leur stratégie de développement durable, pour faire face au changement climatique.
Q : (du même journaliste) Je voudrais revenir sur la question que je viens de vous poser sur le principe des « responsabilités communes mais différentiées ». Je sais que la Chine est l'un des pays en développement et qu'elle a signé la Convention cadre des Nations Unies sur le Changement climatique. Mais ce que je voudrais savoir, c'est, concernant le principe des « responsabilités communes mais différentiées », comment la Chine différencie ses responsabilités et celles des autres pays en développement. Quelle est exactement la politique du gouvernement chinois sur le changement climatique ?
R : Le principe des responsabilités communes mais différentiées est à observer avec constance, car il est la pierre angulaire de la politique de la Chine pour affronter le changement climatique, en même temps qu'un cadre juridique et un mécanisme fondamental de la communauté internationale pour faire face à ce problème. Quant à savoir comment différencier, cela est prévu à la fois dans la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique et dans le Protocole de Kyoto. Par exemple, dans la lutte commune de la communauté internationale contre le changement climatique, les pays développés doivent prendre des initiatives pour remplir leurs obligations, tout en fournissant des soutiens et des aides technologiques et financiers aux pays en développement pour renforcer leurs capacités à s'adapter et à faire face au changement climatique. Certes, le Protocole de Kyoto n'a pas défini d'objectifs chiffrés pour les pays en développement, mais ces derniers doivent décider des mesures à prendre conformément à leurs réalités et leurs capacités. Par exemple, le gouvernement chinois a publié un plan national de lutte contre le changement climatique, dont une liste exhaustive des mesures à prendre. Nous sommes favorables à la coopération internationale en la matière et nous allons participer activement aux discussions de la communauté internationale, y compris sur les politiques, les cadres et les mesures de l'après-Kyoto.
Q : (du même journaliste) Vous avez dit tout à l'heure que la Chine était prête à joindre ses efforts à ceux de la communauté internationale pour faire face au changement climatique. Mais au récent dialogue G8+5 entre les pays développés et les cinq grands pays en développement, la Chine, en tant que « chef de fil » du groupe des cinq, n'a pas voulu faire du changement climatique un sujet de dialogue pour les deux ans à venir. Pourquoi ?
R : La Chine n'est pas le « chef de fil » des pays en développement, ni celui des cinq pays du dialogue G8+5. Nous estimons que ces cinq pays sont égaux. Et nous pensons que le dialogue et la coopération entre le G8 et ces pays en développement doivent se baser sur le principe de l'égalité. Sur la réalisation du développement durable et les autres grandes questions internationales, la Chine entend renforcer sa communication, son dialogue et sa coordination avec les autres pays en développement.
Q : Selon un article de Kanwa Defense Review, la Chine construirait elle-même des porte-avions, dont un premier verra le jour entre 2010 et 2012. Quelle est votre réaction ?
R : Il y a quelques mois, le département chinois concerné et moi-même avons répondu à cette question à des occasions différentes. Je n'ai pas d'autres informations à vous fournir.
Q : Selon la presse officielle chinoise, le Directeur général du Bureau national de Contrôle des Produits alimentaires et pharmaceutiques Zheng Xiaoyu aurait déjà été exécuté. Pourriez-vous nous confirmer cette information ? Quel est le message transmis à la communauté internationale ?
R : Il n'appartient pas au porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de répondre à cette question. En traduisant Zheng Xiaoyu en justice, le gouvernement chinois a montré sa détermination de combattre la corruption conformément à la loi et de poursuivre la réforme et l'ouverture.
S'il n'y a plus de questions, je lève la séance. Merci de votre présence et à la prochaine.
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