| Conférence de presse du 6 novembre 2007 |
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2007/11/06 |
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Dans l'après-midi du 6 novembre 2007, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Liu Jianchao a tenu une conférence de presse et répondu aux questions des journalistes concernant, entre autres, les pourparlers à six, la question du Myanmar, la situation au Pakistan et la visite en Chine du Secrétaire américain à la Défense. Liu Jianchao : Bonjour, mesdames et messieurs. Maintenant, je suis prêt à répondre à vos questions. Q : Selon des reportages, récemment, le Président soudanais Al-Bachir et le Président du gouvernement autonome du Sud-Soudan Mayardit se sont mis d'accord pour continuer à appliquer l'Accord de paix global. Quels sont les commentaires de la partie chinoise là-dessus ? R : Nous sommes heureux d'apprendre cette nouvelle. Récemment le Nord et le Sud du Soudan ont réaffirmé leur volonté de continuer à mettre en œuvre l'Accord de paix global et annoncé la création d'une commission conjointe pour établir des mécanismes concernés et fixer un calendrier afin de régler les problèmes non résolus entre les deux parties. La Chine apprécie et soutient les deux parties soudanaises dans leurs efforts pour résoudre les divergences par voie de dialogue et de consultations, en tenant compte de l'intérêt général de l'unité et de la réconciliation nationales, en vue de préserver les fruits de la paix chèrement acquis et de promouvoir sans cesse le processus de paix Nord-Sud. Q : Pourquoi la partie chinoise a-t-elle peur du Dalaï-lama, un pacifiste septuagénaire ? R : Vous avez posé là une question étrange. En ce qui concerne la sauvegarde de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale, la Chine n'a jamais peur de qui que ce soit. Toute tentative visant à diviser la Chine est vouée à l'échec. Le gouvernement chinois a la détermination et la capacité de préserver la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale. Q : La Commission conjointe sino-américaine sur le Commerce (JCCT) et le Dialogue stratégique économique sino-américain (SED) tiendront une session au deuxième semestre 2007 à Beijing. Veuillez nous en donner des informations. R : Le SED et la JCCT constituent une plate-forme importante pour l'approfondissement de la connaissance mutuelle entre la Chine et les Etats-Unis à travers le dialogue et un développement sain de leurs relations économiques et commerciales. Le SED met l'accent sur les questions stratégiques à long terme et d'intérêt général, tandis que la JCCT a pour objectif de promouvoir, avec d'autres mécanismes de coopération économique bilatérale, la coopération économique et commerciale entre les deux pays et d'aborder en même temps les questions concrètes en la matière. La 18e session de la JCCT et la 3e session du SED se tiendront successivement en décembre prochain à Beijing. La Vice-Premier Ministre Wu Yi en assumera la présidence de la partie chinoise une fois de plus. La partie chinoise entend œuvrer ensemble avec la partie américaine pour la réussite des deux sessions susmentionnées afin de faire avancer les relations économiques et commerciales sino-américaines.
Q : Que pense la partie chinoise de la situation actuelle au Pakistan et des menaces sur la sécurité régionale provenant d'une éventuelle occupation d'une large zone par des islamistes armés et d'une éventuelle possession des armes nucléaires par certains pays ? R : Le Pakistan est un pays voisin important de la Chine. La partie chinoise suit de près l'évolution de la situation au Pakistan. Elle a la certitude que le gouvernement et le peuple pakistanais sont capables de résoudre eux-mêmes leurs problèmes et espère voir le pays maintenir sa stabilité et poursuivre son développement. Car seuls la stabilité et le développement permettent d'éviter les problèmes que vous venez d'évoquer. Q : J'ai entendu dire que le groupe de travail des pourparlers à six sur la dénucléarisation de la Péninsule coréenne convoquera prochainement une réunion. Veuillez le confirmer. R : Je n'ai pas d'informations précises sur la réunion que vous avez mentionnée. Pourtant, nous nous réjouissons de constater qu'une mise en œuvre efficace du document commun conclu le 3 octobre dernier entre les six parties est en cours. Récemment, la désactivation des installations nucléaires de la RPDC a démarré, ce qui constitue une avancée encourageante. Nous espérons que les différentes parties concernées pourront continuer à mettre en œuvre, conformément au consensus obtenu et aux engagements pris, le document commun de manière globale et équilibrée afin de faire avancer sans cesse les pourparlers à six et le processus de la dénucléarisation de la Péninsule coréenne. Q : Selon des reportages, le Premier Ministre britannique Gordon Brown effectuera en janvier prochain une visite en Chine. Pourriez vous nous en donner des détails ? R : Le renforcement des échanges entre les dirigeants des deux pays est extrêmement important pour le développement continu du partenariat global stratégique sino-britannique. Nous serons donc heureux d'accueillir en Chine le Premier Ministre Gordon Brown à un moment qui conviendrait aux deux parties. A ma connaissance, la Chine et le Royaume-Uni sont en train de mener des consultations sur les échanges de visites de haut niveau entre les deux pays. Q : Récemment, l'organisation « Humain Rights Watch » a publié un rapport dans lequel elle affirmait la violation de la liberté de la presse par la Chine qui n'a surtout pas tenu ses engagements pris dans le Règlement sur les reportages faits en Chine par les journalistes étrangers durant les Jeux Olympiques de Beijing et la période préparatoire concernant l'octroi de davantage de libertés aux journalistes pour leurs interviews. Quels sont vos commentaires là-dessus ? Deuxième question, le Secrétaire américain à la Défense Robert Gates a terminé, il y a peu, sa visite en Chine. Il a fait savoir qu'il avait abordé le dossier nucléaire iranien lors de ses entretiens avec la partie chinoise. D'après lui, la préservation de la stabilité au Moyen-Orient correspond à l'intérêt de la Chine en matière de sécurité énergétique. Quels sont vos commentaires à ce sujet ? L'adoption des sanctions contre l'Iran aura-t-elle un impact sur la stabilité de cette région ? R : Pour répondre à votre première question, je dirai que ce n'est pas à la soi-disant organisation « Humain Rights Watch » de faire des commentaires là-dessus. Vous êtes, les journalistes ici présents, tous témoins de l'application du Règlement sur les reportages faits en Chine par les journalistes étrangers durant les Jeux Olympiques de Beijing et la période préparatoire, vous devrez donc être les mieux placés pour vous prononcer. Depuis sa mise en application le 1er janvier 2007, les autorités gouvernementales chinoises de différents échelons ont déployé d'énormes efforts pour que le Règlement puisse être appliqué de façon globale, équilibrée et correcte. Il faut dire que maintenant les journalistes étrangers ont plus de canaux pour faire des reportages en Chine et bénéficient de davantage de facilités dans l'accomplissement de leur travail. Nous nous en réjouissons et nous continuerons à œuvrer pour promouvoir l'application de ce Règlement en vue de faciliter davantage votre travail en Chine. Cela représente votre aspiration et en même temps notre détermination. Bien sûr, il se peut que le travail de l'application laisse à désirer, mais nous sommes prêts à écouter votre opinion et échanger avec vous des points de vue sur les questions concernées. Concernant votre deuxième question, le dossier nucléaire iranien figure parmi les dossiers clés sur lesquels le Secrétaire américain à la Défense Robert Gates a échangé, durant sa visite en Chine, ses vues avec les dirigeants chinois et les départements concernés de l'armée chinoise. Les deux parties ont toutes exposé leurs positions là-dessus. A mon avis, la Chine et les Etats-Unis poursuivent dans l'ensemble des objectifs identiques. Elles préconisent l'une comme l'autre la préservation du régime international de la non-prolifération et entendent trouver une solution pacifique à cette question par voie de négociations diplomatiques. Les deux parties doivent axer leurs efforts sur la promotion du dialogue et des consultations entre les différentes parties concernées. La Chine espère que les consultations et le dialogue engagés entre l'Iran et l'AIEA contribueront au règlement des questions non résolues. Elle est également favorable à ce que l'UE entame le dialogue avec l'Iran et souhaite voir ces dialogues et consultations donner des fruits positifs. Quant à savoir comment évoluera le dossier nucléaire iranien, la Chine entend rester en contact et en coordination avec les différentes parties concernées pour faire évoluer la situation vers un règlement de question à travers le dialogue et les consultations.
Q : Ce matin, le Président chinois Hu Jintao a rencontré le Secrétaire américain à la Défense Robert Gates. Veuillez nous en donner des informations. Quels sont les points de vue que les deux parties ont échangés sur la question de Taiwan ? Est-ce que la partie chinoise est satisfaite de la réaction de la partie américaine ? R : Je n'ai pas participé à cette rencontre, et je viens d'en obtenir des informations concernées. Maintenant je vais vous faire part de ce que je connais là-dessus. La rencontre a eu lieu ce matin. Le Président Hu Jintao a fait savoir au Secrétaire à la Défense Robert Gates: Ces dernières années, les relations sino-américaines maintiennent, dans l'ensemble, un élan de développement régulier, avec des échanges de visites de haut niveau et de différents niveaux qui se sont multipliés et une coopération dans les divers domaines qui a donné des résultats tangibles. Les deux parties demeurent également en consultations et coordination sur des questions internationale et régionale d'importance majeure. Selon le Président Hu Jintao, maintenir et développer d'excellentes relations sino-américaines correspondent aux intérêts fondamentaux des deux pays et des deux peuples. Et cela revêt une signification importante pour la préservation et la promotion de la paix, de la stabilité et du développement en Asie-Pacifique, voire dans le monde. La partie chinoise entend, ensemble avec la partie américaine, appréhender l'intérêt général du développement des relations bilatérales avec une vision stratégique et à long terme, et continuer, dans un esprit de respect mutuel, d'égalité, d'avantages réciproques, de coopération et de gagnant-gagnant, à renforcer le dialogue, élargir le consensus, approfondir la coopération, régler adéquatement les questions sensibles dans les relations bilatérales pour promouvoir fermement un développement sain, régulier et approfondi des relations de coopération constructive sino-américaine. Le Président Hu Jintao a également présenté au Secrétaire Robert Gates la position de la Chine sur la question de Taiwan. Le Ministre Robert Gates a remercié le Président Hu Jintao de son entrevue et félicité les succès remportés dans la préparation des Jeux Olympiques de Beijing. Selon lui, les relations entre les armées chinoise et américaine ont enregistré des progrès positifs et font face à des opportunités d'un développement continu. Il a espéré que les deux armées renforceraient le dialogue et la confiance mutuelle afin de faire progresser leurs relations. Concernant la question de Taiwan, le Ministre Robert Gates a réitéré que la position de l'administration américaine consistant à appliquer la politique d'une seule Chine n'a pas changé. Q : Je voudrais reprendre la question sur le Dalaï-Lama. Tout à l'heure, vous avez dit que la Chine n'avait peur de personne. Alors, quelle menace le Dalaï-Lama représente-t-il pour la Chine ? R : Le Dalaï-Lama a déjà plus de 70 ans. Normalement, à cet âge-là, il doit faire plus en faveur du développement de la patrie. Cependant, bien au contraire, il mène des activités visant à diviser la patrie et à saboter sa stabilité. Nous nous opposons à toute activité séparatiste menée par le Dalaï-Lama de quelque manière et sous quelque nom que ce soit. Et nous nous opposons aussi à toute ingérence dans les affaires intérieures de la Chine par tout pays, toute organisation et toute personne en utilisant la question du Dalaï-Lama. Q : La question du Myanmar est un sujet important à aborder au Sommet de l'ASEAN qui se tiendra dans la dernière décade de ce mois. Est-ce que la Chine souhaite que ce Sommet avance de nouvelles propositions ? En outre, est-ce que vous avez des informations sur le travail du groupe d'experts américain pour la désactivation en RPDC ? R : Sur la situation au Myanmar, nous avons noté que M. Ibrahim Gambari, Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Myanmar, est en visite dans ce pays. D'après les informations que nous avons obtenues, sa visite se déroule dans d'heureuses conditions jusqu'ici. Nous espérons que cette visite pourra enregistrer des résultats positifs. Bien entendu, nous savons qu'il n'est pas réaliste d'espérer que les problèmes peuvent être résolus après une ou deux visites. Par conséquent, nous devons garder la patience. En même temps, nous devons noter que la solution de la question du Myanmar dépend, au fond, du gouvernement et du peuple du pays. Nous espérons que la communauté internationale pourra jouer un rôle constructif et apporter une contribution constructive à la réalisation dans les meilleurs délais de la réconciliation, de la stabilité, de la démocratie et du développement au Myanmar. Quant à savoir si la question du Myanmar sera évoquée aux réunions des dirigeants de l'ASEAN, je ne le sais pas encore. L'ASEAN suit de très près la question du Myanmar, il est donc naturel si cette question sera abordée dans cette enceinte. Nous soutenons l'ASEAN dans son rôle constructif pour résoudre la question du Myanmar. Quant à votre deuxième question, selon le document commun intitulé Les actions de la deuxième phase pour la mise en œuvre de la déclaration conjointe conclu le 3 octobre dernier, le processus de la désactivation des installations nucléaires de la RPDC a déjà démarré. La partie chinoise n'est pas au courant des détails. Les Etats-Unis et la RPDC sont les auteurs principaux de la désactivation. Mais je crois que les parties concernées en informeront les autres parties après la fin d'une certaine étape de leur travail. Q : Si les pays de l'ASEAN appellent le gouvernement militaire du Myanmar à libérer Aung San Suu Kyi, est-ce que la partie chinoise y apportera son soutien ? R : L'ASEAN est une organisation régionale, et le Myanmar en est un membre. Si l'ASEAN parvient à des consensus sur certaines questions, il s'agit des affaires du pays concerné et de cette organisation. Nous soutenons l'ASEAN dans son rôle constructif sur la question du Myanmar. En même temps, nous estimons que finalement c'est au gouvernement et au peuple du Myanmar de régler la question du Myanmar. Sans leur réponse positive, il sera difficile d'agir dans le sens favorable au règlement de cette question. Q : Après la rencontre entre la chancelière allemande Angela Merkel avec le Dalaï-Lama, les relations entre la Chine et l'Allemagne ont subi certaines conséquences négatives. Comment changer cette situation ? R : Les relations entre la Chine et l'Allemagne sont des relations bilatérales très importantes, que ce soit pour la partie chinoise ou pour la partie allemande. La Chine attache de l'importance au développement des relations sino-allemandes. Nous estimons que le développement des relations d'amitié et de coopération sur tous les plans entre la Chine et l'Allemagne est bénéfique aux deux pays qui ont l'un comme l'autre des influences importantes. Actuellement, leurs relations connaissent des difficultés, cela est totalement dû à la rencontre de la dirigeante allemande avec le Dalaï-Lama. Nous espérons que la partie allemande prendra, le plus vite possible, des mesures réelles et efficaces pour dissiper la grave atteinte portée par des actions erronées aux relations sino-allemandes. Nous espérons que les relations entre la Chine et l'Allemagne se développeront de manière saine et dans d'heureuses conditions car cela correspond aux intérêts de la partie chinoise et de la partie allemande. Q: Lors des entretiens et entrevues entre le Secrétaire américain à la Défense Robert Gates et la partie chinoise, est-ce que les deux parties ont discuté de la situation à la frontière entre la Turquie et l'Irak ? Pourriez-vous présenter la position des deux parties ? R : J'ai été présent seulement à la rencontre d'hier après-midi entre le Vice-Ministre chinois des Affaires étrangères Dai Bingguo et le Secrétaire américain à la Défense Robert Gates. Lors de cette rencontre, ils n'ont pas parlé de la situation à la frontière entre la Turquie et l'Irak. Je ne sais pas si cette question a été abordée ou non dans d'autres enceintes. La Chine se préoccupe de la situation récente à la frontière entre la Turquie et l'Irak. Nous espérons que les parties concernées pourront régler de manière adéquate les problèmes à travers les dialogue et consultations. Nous avons noté que, actuellement, les parties concernées avaient déployé des efforts pour résoudre les problèmes. Nous espérons que la paix se réalise dans les meilleurs délais dans la région et que la menace s'en éloigne. Si vous n'avez pas d'autres questions, je lève la séance. Merci de votre présence! |




