| Conférence de presse du 20 novembre 2007 |
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2007/11/20 |
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Le 20 novembre 2007, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Liu Jianchao a tenu une conférence de presse et répondu aux questions concernant, entre autres, les Sommets Chine-Japon-République de Corée, Chine-Japon et Chine-UE, la signature par l'ASEAN d'une charte, ainsi que le rapport de Mohamed El Baradei sur la question nucléaire iranienne. Liu Jianchao : Bonjour tout le monde. Je commence par vous annoncer une nouvelle. Sur l'invitation du Premier Ministre du Conseil des Affaires d'Etat Wen Jiabao, M. José Socrates, Premier Ministre de la présidence portugaise de l'Union Européenne, et M. José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, viendront le 28 novembre à Beijing pour le 10e Sommet Chine-UE. Encore une chose : le détachement précurseur du génie chinois pour le maintien de la paix au Darfour partira le 23 novembre de l'aéroport international Xinzheng du Henan pour le Soudan. Pour mieux vous informer là-dessus, le Centre d'information international (IPC) du Ministère des Affaires étrangères organisera un voyage pour les journalistes désireux de couvrir l'événement. Vous êtes tous les bienvenus. Les détails concernés vous seront communiqués par l'IPC par des moyens pertinents. Maintenant je suis prêt à répondre à vos questions. Q : Le Directeur général de l'AIEA Mohamed El Baradei a récemment soumis un rapport sur la question nucléaire iranienne. Comment la Chine voit-elle ce rapport ? Selon certains officiels américains, la Chine ne s'est pas montrée très active sur cette question, et elle devra jouer un rôle plus important. Quel est le commentaire chinois là-dessus ? R : Concernant votre première question, la partie chinoise est en train d'étudier attentivement le rapport sur le problème nucléaire iranien soumis par le Directeur général El Baradei. Selon notre première impression, c'est un rapport assez objectif et professionnel. Nous apprécions les efforts de l'AIEA et de son Directeur général. Nous avons noté que le rapport a, d'un côté, affirmé les progrès réalisés par l'AIEA et l'Iran dans le règlement des problèmes en suspens et la coopération fournie par la partie iranienne à l'AIEA, et de l'autre, souligné la non suspension par l'Iran de ses activités d'enrichissement de l'uranium, exigée par les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Nous espérons que l'Iran pourra appliquer effectivement les résolutions du Conseil de Sécurité et poursuivre sa coopération avec l'AIEA, afin de régler rapidement et complètement les problèmes en suspens et de répondre adéquatement aux préoccupations de la communauté internationale. En même temps, nous souhaitons que les autres parties concernées puissent poursuivre leurs efforts diplomatiques de sorte à créer les conditions nécessaires à une reprise rapide des négociations. Quant à votre deuxième question, nous avons noté certaines voix, voire des critiques, contre la Chine sur le dossier nucléaire iranien. Ces bruits qui ne respectent pas la réalité sont pernicieux. La Chine s'est attachée constamment à préserver le système international de non-prolifération nucléaire, à promouvoir les négociations et la réconciliation par ses propres moyens, et à favoriser une solution pacifique du problème nucléaire iranien à travers les pourparlers diplomatiques. Elle a participé d'une manière active et responsable aux consultations du Conseil de Sécurité sur les résolutions pertinentes et travaillé pour les appliquer strictement. Ses efforts en vue d'un règlement adéquat du problème nucléaire iranien sont connus de tous. Toujours sur ce dossier iranien, la Chine partage le même objectif que les Etats-Unis, c'est-à-dire préserver le système international de non-prolifération nucléaire. Nous préconisons tous le règlement de ce problème par le dialogue et les négociations. Il est tout naturel que nous avons des divergences sur certains volets. Mais il convient que nous menons une coopération constructive sur ce dossier sans lancer des reproches l'un contre l'autre, car cela est favorable au règlement du problème. Q : Le Sommet Chine-UE débutera la semaine prochaine. Quels sont les accords et les résultats que la Chine attend de cette rencontre ? Deuxième question, ces derniers temps, l'UE a toujours exhorté la Chine d'accélérer la réévaluation du Yuan RMB. La Chine adoptera-t-elle des mesures à cet égard ? Troisième question, dans les domaines du taux de change et du commerce, l'UE a augmenté sa pression sur la Chine. La Chine en est-elle inquiète ? R : Je vous ai déjà présenté les informations sur le 10e Sommet Chine-UE. Il s'agit des consultations qui se tiendront à un moment important pour les relations sino-européennes. La Chine et l'UE qui attendent toutes beaucoup de cette rencontre, espèrent saisir l'occasion ainsi offerte pour promouvoir un développement continu, sain et régulier de leur partenariat global stratégique. Voilà un souhait commun à la Chine et à l'UE, et en même temps à leurs peuples. Je suis convaincu que les deux parties œuvreront ensemble pour pouvoir parvenir à des consensus sur une série de problèmes et faire progresser les relations sino-européennes. Ceci dit, nous avons aussi constaté de nouvelles questions qui apparaissent à mesure que ces relations se développent. Mais nous estimons que le fondement de ces relations n'a pas changé, ni nos intérêts communs. Continuer à promouvoir le développement durable, sain et régulier des relations Chine-UE correspond aux intérêts des deux parties. Les frictions entre la Chine et l'UE sur les questions du taux de change et des échanges commerciaux sont apparues le long du développement des relations sino-européennes. En effet, sans le développement de ces relations et de la coopération économique et commerciale sino-européenne, il n'y aurait pas eu ces problèmes. Si l'on envisage d'un point de vue stratégique et à long terme les relations entre la Chine et l'UE, on pourra réduire nos divergences à travers le dialogue et les consultations et trouver une solution à ces questions. Q : Hier, lors des discussions entre les membres de l'OMC sur la désignation de membres de son Organe d'appel, le représentant de Taiwan a montré son inquiétude de voir le candidat recommandé par la Chine incapable de faire preuve de l'impartialité face aux appels liés à Taiwan. Quel est votre commentaire là-dessus ? R : Votre question porte en fait sur la désignation de personnes au sein de l'OMC. Nous sommes sûrs que les Etats membres concernés de l'OMC peuvent y trouver une solution adéquate par voie de consultations. Le Ministère chinois du Commerce est chargé des affaires concernant l'OMC. Je vous prie de vous renseigner auprès de lui. Ceci dit, j'aimerais souligner que nous sommes fermement contre les tentatives visant à atteindre certains buts politiques par le lancement de ce genre de questions au sein des organisations internationales. Q : La Charte de l'ASEAN a été adoptée à l'issue du Sommet de l'ASEAN qui vient de se clôturer, quel est le commentaire de la Chine là-dessus ? R : Nous estimons que la signature de cette Charte constitue un événement-jalon pour l'ASEAN depuis sa création il y a 40 ans. Nous la voyons aussi en un fruit important obtenu par l'Organisation dans le renforcement de sa construction institutionnelle. La Chine félicite la signature de la Charte et est convaincue que l'ASEAN poursuivra sans cesse son intégration à l'esprit de ce document et contribuera davantage à la paix, au développement et à la prospérité de la région et du monde entier. Une communauté ASEAN fondée sur trois piliers : communauté économique, communauté de sécurité et communauté socio-culturelle, ainsi que son intégration, voilà un concept stratégique avancé par l'ASEAN en vue de son développement à long terme et durable. La Chine soutient l'intégration de l'ASEAN et est disposée à y participer activement et à y fournir son assistance dans la mesure de ses possibilités. Q : Le Ministre des Affaires étrangères de la RPDC a fait savoir aujourd'hui qu'une réunion des chefs de délégation pour les pourparlers à six pourrait être convoquée pendant la deuxième décade du décembre. Veuillez confirmer cette information. R : Très prochainement, la partie chinoise engagera avec les cinq autres parties des concertations et consultations sur les actions à prendre dans les pourparlers à six. Quand les parties auront parvenu à un consensus sur la prochaine réunion des chefs de délégation, nous publierons à temps les informations concernées.
Q : Vous venez d'évoquer que l'Iran doit appliquer effectivement les résolutions du Conseil de Sécurité. Si la Chine continue à s'opposer à des sanctions contre l'Iran, quelles sont les mesures, selon elle, que l'Iran doit prendre pour appliquer les résolutions concernées des Nations Unies ? La Chine participera-t-elle à la Réunion des Directeurs généraux politiques des Ministères des Affaires étrangères des Six sur la question nucléaire iranienne qui se tiendra dans quelques semaines ? R : Sur la question nucléaire iranienne, la Chine a participé activement aux consultations du Conseil de Sécurité et soutenu l'adoption par celui-ci des résolutions pertinentes. Elle a toujours agi en stricte conformité avec ces résolutions. A l'heure qu'il est, le dossier nucléaire iranien a connu de nouvelles situations : on y a constaté des progrès, mais aussi, côté iranien, des piétinements en matière d'exécution des résolutions du Conseil de Sécurité. Nous estimons qu'actuellement, il faut accorder davantage de temps et d'espace au dialogue et aux négociations. En même temps, nous sommes pour la poursuite des concertations et consultations entre les Six sur ce dossier. Quant à nous, nous œuvrerons avec les cinq autres parties pour faire progresser le processus de règlement du problème. Q : Pourquoi la Chine refuse-t-elle de participer à la Réunion des Directeurs généraux politiques des Ministères des Affaires étrangères des Six sur la question nucléaire iranienne qui aurait dû se tenir hier à Bruxelles ? R : Pour des raisons de calendrier, la Chine n'est pas capable d'envoyer des officiels chargés du dossier à cette réunion qui aurait dû se tenir hier. Nous souhaitons voir les parties concernées renforcer leur coordination dans l'avenir pour trouver une date qui convient à toutes les parties. Q: Le porte-parole de la Chancelière allemande Angela Merkel a déclaré hier que l'opposition chinoise ne pourrait empêcher cette dernière de rencontrer le Dalaï-Lama dans le futur. Quelle est votre réaction à cet égard ? Quelles sont les mesures de sanction que la Chine prendra vis-à-vis de l'Allemagne ? R : Je voudrais réaffirmer notre attachement à nos relations avec l'Allemagne. Nous regrettons que ces relations soient endommagées. En effet, la rencontre entre la dirigeante allemande et le Dalaï-Lama a porté une grave atteinte aux relations entre la Chine et l'Allemagne et aux intérêts communs des deux pays. Nous souhaitons que la partie allemande, partant de l'intérêt général des relations sino-allemandes et des intérêts fondamentaux des deux peuples, prenne au plus tôt des mesures concrètes et efficaces, de sorte à réparer les effets négatifs des comportements erronés de sa dirigeante et à favoriser l'amélioration des relations bilatérales. Q: Vous avez dit que les consultations permettraient de réduire les frictions entre la Chine et l'UE en matière de commerce et de taux de change. Est-ce que cela veut dire que la Chine espère résoudre ces problèmes par le biais de consultations et non de mesures sur le taux de change du RMB ? R : La Chine a pris note des préoccupations européennes à l'égard du taux de change du RMB. Nous avons déjà fait savoir aux parties concernées la politique chinoise en la matière. Je crois que ce sujet sera évoqué lors du Sommet Chine-UE. Des informations plus détaillées vous en seront fournies après cette rencontre. Q : Vous avez dit que la Chine va envoyer le 23 novembre un détachement précurseur du génie au Soudan alors que des reportages disent que le gouvernement soudanais refuse toujours le déploiement de casques bleus chez lui. Est-ce que cela veut dire que la Chine en a déjà persuadé avec succès le Président Béchir ? Ma deuxième question porte sur le dialogue économique de haut niveau entre la Chine et le Japon. Avez-vous une date précise pour cette échéance ? Quel ministre conduira-t-il la délégation chinoise ? R : L'opération hybride UA-ONU, d'une envergure sans précédent, fait face à une situation complexe sur le terrain. Il est donc naturel qu'elle rencontre des difficultés et problèmes dans le déploiement de forces. Et la communauté internationale doit y faire preuve de patience. La Chine soutient la pleine valorisation du mécanisme tripartite associant l'ONU, l'UA et le gouvernement soudanais et le règlement adéquat des problèmes concernés par le biais du dialogue et des consultations, et s'oppose à toute tentative visant à politiser les questions techniques. Désireuse de poursuivre son rôle constructif pour le règlement adéquat du problème du Darfour, et en premier lieu, pour un déploiement sans heurts de forces de maintien de la paix conformément aux résolutions pertinentes des Nations Unies, elle enverra le 23 novembre un détachement précurseur au Darfour au Soudan, selon son consensus avec l'ONU et aux arrangements pris à ce sujet. Concernant votre deuxième question, la Chine et le Japon, lors de la visite du Premier Ministre Wen Jiabao au Japon en avril 2007, sont parvenus à un consensus sur l'établissement et l'organisation d'un dialogue économique de haut niveau entre les deux pays, et sont convenus de tenir la première session dans le courant de cette année. Le coordinateur chinois est le Vice-Premier Ministre du Conseil des Affaires d'Etat Zeng Peiyan, tandis que le coordinateur japonais est le Ministre des Affaires étrangères du Japon. La date précise de ce premier rendez-vous vous sera communiquée très bientôt. Q: Vous avez dit que la rencontre entre la Chancelière allemande Angela Merkel et le Dalaï-Lama a gravement endommagé les relations sino-allemandes. Comme l'Allemagne est un Etat important de l'Union européenne, est-ce que cela veut dire que les relations sino-européennes sont également compromises ? R : La Chine accorde une grande importance à la place de l'Allemagne au sein de l'Union européenne et à son rôle dans la promotion des relations sino-européennes. Nous avons noté avec satisfaction le développement régulier des relations sino-européennes. Convaincus que les échanges entre les dirigeants chinois et européens contribueront à prolonger la dynamique des relations Chine-UE, nous sommes pleinement confiants en leur avenir. Quant aux relations sino-allemandes, il convient de les considérer en tenant compte non seulement des intérêts communs à la Chine et à l'Allemagne, mais aussi de l'ensemble des relations sino-européennes. Pour pouvoir réparer les relations sino-allemandes, nous souhaitons que la partie allemande prenne au plus tôt des mesures concrètes et efficaces de sorte à éliminer les effets négatifs de ses comportements erronés. Si vous n'avez pas d'autres questions, je lève la séance d'aujourd'hui. Merci de votre présence. |



