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Conférence de presse du 6 décembre 2007


2007/12/06

Dans l'après-midi du 6 décembre 2007, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Qin Gang a tenu une conférence de presse, et y a répondu aux questions concernant, entre autres, les pourparlers à six, le dossier nucléaire iranien, les relations sino-japonaises et la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques.

Qin Gang : Bonjour tout le monde! Je voudrais d'abord vous annoncer une nouvelle :

Sur l'invitation du gouvernement de la République argentine, le Ministre de la Science et de la Technologie Wan Gang participera en qualité d'envoyé spécial du gouvernement chinois à la cérémonie de passation de pouvoir du président argentin qui se tiendra le 10 décembre en Argentine.

Maintenant je suis prêt à répondre à vos questions.

Q : Le Dalaï-Lama est en « visite privée » en Italie, des officiels et parlementaires italiens vont le rencontrer. Avez-vous un commentaire à ce sujet ?

R : Le Dalaï-Lama n'est pas un simple religieux, mais un exilé politique résidant longtemps à l'étranger, qui se livre sous le couvert de la religion à des activités visant à diviser la patrie et à saboter l'unité nationale. La question du Tibet n'est pas une soi-disant question culturelle et religieuse, mais une question de principe majeure qui touche à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la Chine, une question de principe majeure de sécession et d'anti-sécession. Les activités menées par le Dalaï-Lama sous quelque nom que ce soit et quelque part que ce soit ne sont ni un acte personnel ni une simple question religieuse, mais représentent une force politique cherchant à diviser la patrie et à prôner l' « indépendance du Tibet ». Le gouvernement et le peuple chinois s'y opposent fermement. Nous souhaitons que le pays concerné puisse, dans l'intérêt général de préserver les relations bilatérales, discerner le complot et la nature sécessionnistes de la clique du Dalaï-Lama, et s'abstenir de fournir de quelque manière que ce soit lieu et facilité aux activités sécessionnistes de la clique du Dalaï-Lama.

Q : Le service de renseignements américain a publié récemment un rapport sur le dossier nucléaire iranien, la Chine partagera-t-elle d'une manière similaire ses renseignements sur ce dossier avec la communauté internationale ?

R : En ce qui concerne le rapport du service de renseignements américain, j'ai déjà fait des commentaires là-dessus lors de la conférence de presse de mardi dernier, ici, je ne voudrais en parler davantage. Ce que j'aimerais souligner, c'est que la Chine entend joindre ses efforts à ceux des autres parties concernées pour renforcer leurs communication et consultations, et continuer à œuvrer de manière constructive au règlement pacifique de la question nucléaire iranienne par voie de négociations.

Q : J'ai deux questions à vous poser. Première question, l'Assistant au Secrétaire d'Etat américain Christopher Hill a rencontré ce matin le Vice-Ministre Wu Dawei, veuillez nous donner des éléments sur cette rencontre. Deuxième question, des officiels de l'UE ont récemment fait savoir que l'élargissement continu de l'influence chinoise en Afrique pourrait affecter les intérêts de l'UE dans ce continent. Selon eux, l'UE doit réajuster sa politique à l'égard de l'Afrique et s'y engager davantage. Avez-vous un commentaire à ce sujet ?

R : Concernant votre première question, ce matin, le Vice-Ministre chinois des Affaires étrangères, chef de la délégation chinoise aux pourparlers à six M. Wu Dawei a rencontré M. Christopher Hill. Les deux parties ont échangé leurs vues sur l'état actuel des pourparlers à six de même que sur le travail de la prochaine étape. Nous avons également noté les déclarations de M. Christopher Hill au cours de sa visite en RPDC en la matière. Nous souhaitons que les six parties puissent poursuivre le bon élan de leurs coopération et consultations, maintenir l'élan favorable de leurs pourparlers pour que les pourparlers à six et la dénucléarisation de la Péninsule coréenne puissent avancer comme prévu sur tous les plans.

Concernant votre deuxième question, le gouvernement chinois accorde depuis longtemps une grande importance à l'Afrique, à sa solidarité comme à sa coopération avec ce continent. La solidarité et la coopération entre la Chine et les pays africains, basées sur les principes du respect mutuel et des avantages réciproques, ne sont dirigées contre aucune partie tierce, mais profitent à la paix, à la stabilité et au développement commun en Afrique voire dans le monde. Nous avons également noté que récemment, des pays européens et américains ont exprimé successivement leur volonté de s'engager davantage en Afrique, nous y sommes favorables. La Chine et d'autres pays ont des intérêts et préoccupations communs sur la question africaine. Nous sommes disposés à renforcer le dialogue, les échanges et la coopération avec ces pays. Si certains pays, comme ce que vous avez dit, ont augmenté leurs investissements en Afrique à cause de la Chine, je pense qu'il s'agit là d'une bonne chose. Si la communauté internationale unit ses efforts pour prendre davantage de bonnes actions concrètes au service de la lutte anti-pauvreté, du développement durable en Afrique et du bien-être des peuples africains, c'est ce que nous nous réjouissons de voir.

Q : Certaines personnes estiment que le Dalaï-Lama ne cherche pas l' « indépendance du Tibet », mais simplement une « autonomie ». Pourquoi le gouvernement chinois l'accuse-t-il toujours de se livrer à des activités sécessionnistes ? Pouvez-vous nous citer des exemples concrets de ses activités sécessionnistes ?

R : Comme journaliste, si vous vous intéressez vraiment à cette question, vous pouvez passer en revue les propos et les actes du Dalaï-Lama depuis sa fuite de son pays. Jusqu'aujourd'hui, il n'a pas abandonné sa position sécessionniste, mais garde le soi-disant « gouvernement en exil », et se livre constamment à des activités visant à diviser la patrie sur la scène internationale. Ses paroles et actes, clairs comme le jour, sont très nombreux s'il faut en citer. Veuillez faire vous-même une fois de plus un tour d'horizon de ses mots et actes.

Q : Selon des reportages, lors de sa rencontre avec le Ministre japonais des Affaires étrangères Masahiko Komura, le Président Hu Jintao n'a pas évoqué la question historique sensible dans les relations sino-japonaises. Il a souhaité voir le Japon exprimer clairement son opposition au « référendum sur l'adhésion à l'ONU sous le nom de Taiwan ». Est-ce que cela signifie que la priorité de la diplomatie chinoise à l'égard du Japon est d'ores et déjà passée de la question historique à l'actualité ?

R : L'attitude adoptée par le gouvernement chinois pour développer avec le Japon des relations de bon voisinage et de coopération amicale reste inébranlable. Nous entendons travailler ensemble avec le Japon pour maintenir et promouvoir le bon élan de l'amélioration et du développement des relations entre les deux pays. Pour ce faire, il est essentiel, à la lumière des principes du respect mutuel, de l'égalité et des avantages réciproques, et dans le respect des préoccupations majeures de part et d'autre, de traiter de manière adéquate les grands dossiers sensibles dont la question historique et celle de Taiwan, pour consolider sans cesse la base des relations politiques entre les deux pays. Par conséquent, l'opposition au « référendum sur l'adhésion à l'ONU sous le nom de Taiwan » et la lutte contre les activités sécessionnistes visant à l'« indépendance de Taiwan » contribuent à la consolidation de la base politique des relations sino-japonaises. Pour la partie chinoise, il s'agit là d'une question de principe majeure et cela constitue un fondement important pour assurer le développement sain et régulier de ses relations avec le Japon.

Q : L'Assistant au Secrétaire d'Etat américain Christopher Hill a dit récemment qu'il ne sait pas pourquoi la réunion des chefs de délégation aux pourparlers à six a toujours été reportée. Pourriez-vous nous donner des explications là-dessus ?

R : Concernant la date de l'ouverture de cette réunion, les six parties maintiennent toujours des communication et concertation, dans l'espoir de fixer une date acceptable pour l'une comme pour l'autre. A l'heure actuelle, ce travail se poursuit.

Q : Est-ce que la partie chinoise estime que la réunion des chefs de délégation aux pourparlers à six pourra avoir lieu avant la fin d'année ? Une autre question : les Etats-Unis et des membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont exprimé leur volonté de continuer à travailler pour une nouvelle résolution de sanction contre l'Iran. Dans sa prise de décisions sur le renforcement des sanctions contre l'Iran, est-ce que la partie chinoise tiendra compte du rapport sur le dossier nucléaire iranien publié récemment par le service de renseignements américain ?

R : A mon avis, la date précise de l'ouverture de la réunion des chefs de délégation aux pourparlers à six ne dépend pas de la volonté d'une seule partie. Elle doit être fixée par la voie des concertations entre les six parties. Comme je l'ai dit tout à l'heure, les différentes parties concernées doivent ménager et préserver cette dynamique favorable et mener à bien l'application intégrale, équilibrée et graduelle du Document commun adopté par les six parties. Nous espérons que dans le processus de la réalisation de la dénucléarisation de la Péninsule coréenne, chaque pas en avant pourra marquer une plus grande compréhension et une plus grande confiance, de sorte que toutes les parties puissent avancer sans cesse vers l'objectif commun.

Quant à votre deuxième question, la partie chinoise préconise depuis toujours, sur le dossier nucléaire iranien, la sauvegarde du régime international de non-prolifération nucléaire et s'oppose à la prolifération des armes nucléaires. Nous nous prononçons pour le maintien de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient. C'est la raison pour laquelle nous sommes favorables à un règlement du dossier nucléaire iranien par voie pacifique et à travers les concertations. Les actions prises par le Conseil de sécurité de l'ONU sur le dossier nucléaire iranien doivent contribuer à la réalisation des objectifs susmentionnés. La partie chinoise adoptera également une attitude active et constructive pour participer aux discussions en la matière. Nous sommes en train d'étudier le rapport sur le dossier nucléaire iranien publié par la partie américaine, tout en maintenant des contacts et concertations avec les différentes parties. Nous souhaitons continuer à travailler ensemble pour réaliser l'objectif de bien résoudre la question nucléaire iranienne.

Q : Quelle est l'évaluation de la Chine sur l'avancement de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tient en ce moment à Bali ? Quelle est sa position vis-à-vis des initiatives de réduction des émissions de gaz à effet de serre lancées par les pays participant à cette conférence ?

R : A l'heure actuelle, la délégation chinoise participe, de manière active et constructive, à la Conférence de Bali. Les différentes parties concernées ont présenté respectivement leurs initiatives et programmes sur la lutte contre le changement climatique, en particulier sur la question des quotas de réduction des émissions post-2012. A notre avis, dans la lutte contre le changement climatique, il ne faut ni s'écarter du cadre et de la base de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques et de son Protocole de Kyoto, ni trahir et abandonner le principe des « responsabilités communes mais différenciées ». Tous les pays doivent, en faisant de leur mieux en fonction de leurs étapes et niveaux de développement et de leurs propres conditions et moyens, déployer des efforts pour riposter aux changements climatiques planétaires. Les pays développés doivent notamment assumer en premier leurs obligations en termes de la réduction des émissions et honorer leurs engagements, en augmentant leur soutien financier et technique aux pays en développement pour les aider à élever leur capacité d'adaptation et de lutte contre le changement climatique. Dans le même temps, les pays en développement doivent, pour leur part, contribuer à l'œuvre commune de cette lutte conformément à leurs propres stratégies de développement durable. La Chine renforcera, de son côté, la coopération avec la communauté internationale selon ses propres conditions et sa stratégie de développement.

Q : Selon la Chine, est-ce que les initiatives de réduction des émissions lancées par le Japon, le Canada, les Etats-Unis et d'autres pays à la Conférence de Bali vont à l'encontre de l'esprit de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques et du Protocole de Kyoto ?

R : Au cours des discussions, la partie chinoise aura des concertations avec les différentes parties conformément à la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques, au Protocole de Kyoto et au principe des « responsabilités communes mais différenciées » et exprimera sa position. Nous serons favorables à tout ce qui contribuera à l'application des principes susmentionnés.

Q : Vous avez dit tout à l'heure que les relations sino-japonaises sont en train de s'améliorer. Cependant, la semaine prochaine, ce sera le 70e anniversaire du massacre de Nankin. Est-ce que les sentiments du peuple chinois risqueraient d'écarter les relations sino-japonaises de leur bonne voie de développement ?

R : Sur le développement des relations sino-japonaises, nous préconisons le principe dit « tirer la leçon de l'histoire et tourner vers l'avenir ». Tenir à cœur cette histoire douloureuse a pour objectif de mieux ménager cette précieuse occasion pour développer les relations sino-japonaises et bâtir un bel avenir pour les relations entre les deux pays. D'ailleurs, c'est toujours dans l'esprit d'une telle idée que nous sensibilisons le peuple chinois à une vision correcte des relations sino-japonaises. Nous espérons également que la partie japonaise pourra, à la lumière de l'esprit dit « tirer la leçon de l'histoire et tourner vers l'avenir », travailler ensemble avec la partie chinoise pour faire avancer sans cesse les relations entre nos deux pays.

Si vous n'avez plus de questions, je lève la séance et merci de votre présence !



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