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Conférence de presse du 19 février 2008


2008/02/19

Dans l'après-midi du 19 février 2008, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Liu Jianchao a tenu une conférence de presse et répondu aux questions des journalistes concernant, entre autres, la déclaration d'indépendance du Kosovo, la visite de M. Ibrahim Gambari en Chine, le Myanmar, le Darfour et les pourparlers à six.

Liu Jianchao : Bonjour à tous. Je voudrais d'abord vous annoncer deux nouvelles : Première nouvelle, sur l'invitation du Ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi, le Ministre des Affaires étrangères et du Commonwealth du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord David Miliband va effectuer une visite officielle en Chine du 24 au 29 février.

Deuxième nouvelle, sur l'invitation du Ministre d'Etat aux Affaires étrangères et au Commonwealth de la Grande-Bretagne Malloch Brown et du Ministère des Affaires étrangères du Soudan, M. Liu Guijin, représentant spécial du gouvernement chinois pour le Darfour, visitera la Grande-Bretagne du 21 au 23 février et le Soudan du 24 au 27 février.

Maintenant, je suis prêt à répondre à vos questions.

Q : De plus en plus de pays ont reconnu l'indépendance du Kosovo, y compris les Etats-Unis et de principaux grands pays de l'UE. Quel est le plan à long terme de la Chine sur le dossier du Kosovo ? Va-t-elle reconnaître finalement le Kosovo ? Est-ce qu'elle continuera à soutenir la MINUK ?

R : Sur la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo, je vous ai déjà présenté hier la position chinoise en la matière. La Chine exprime sa vive préoccupation sur cette proclamation unilatérale.

Le règlement de la question du Kosovo touche à la paix et à la stabilité dans la région des Balkans, et met en jeu les règles fondamentales des relations internationales de même que l'autorité et le rôle du Conseil de Sécurité. La Chine estime toujours que trouver une solution acceptable pour la Serbie et le Kosovo à travers les négociations est la meilleure voie de régler la question du Kosovo.

L'approche unilatérale du Kosovo risque d'engendrer une série de conséquences, compromettant gravement la paix et la stabilité dans la région des Balkans et la réalisation de l'objectif de construire au Kosovo une société multiethnique. La Chine s'en est vivement préoccupée.

La Chine appelle la Serbie et le Kosovo à poursuivre leurs négociations dans le cadre du droit international afin de trouver une solution appropriée pour préserver ensemble la sécurité et la stabilité dans la région des Balkans. Et la communauté internationale doit créer des conditions favorables à cette fin.

Sur votre deuxième question, la présence internationale au Kosovo depuis 1999, y compris sa composition et sa tâche, a été mandatée et approuvée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Sauf décision contraire du Conseil de Sécurité, il faut la respecter. La Résolution 1244 du Conseil de Sécurité reste aujourd'hui la base politique et le fondement juridique pour résoudre la question du statut du Kosovo. Avant l'adoption par le Conseil de Sécurité d'une nouvelle résolution, tous les efforts et actions visant à régler la question du Kosovo doivent se conformer aux dispositions pertinentes de la Résolution 1244. La Chine continuera à jouer un rôle positif en faveur du règlement de la question du Kosovo.

Q : La Chine s'oppose-t-elle à l'indépendance du Kosovo ?

R : Je vous ai présenté tout à l'heure la position chinoise sur la proclamation unilatérale d'indépendance du Kosovo, à laquelle je n'ai pas d'autres éléments à ajouter.

Q : Le Secrétaire d'Etat adjoint américain Christopher Hill et le Vice-Ministre des Affaires étrangères de la RPDC Kim Gye Gwan sont tous maintenant à Beijing. La partie chinoise envisage-t-elle de les rencontrer ? Le Vice-Ministre Wu Dawei est-il aujourd'hui à Beijing ? S'il n'est pas à Beijing, où est-il alors ?

R : Concernant votre première question, la partie chinoise a eu des contacts avec M. Christopher Hill, Secrétaire d'Etat adjoint américain et Chef de la délégation américaine aux pourparlers à six, durant son séjour en Chine, et les Ministres assistants He yafei et Liu Jieyi se sont entretenus séparément avec lui. Les deux parties ont surtout échangé des vues sur les relations sino-américaines, la question nucléaire de la Péninsule coréenne et les autres questions internationales et régionales d'intérêt commun.

Pour l'instant, je n'ai pas d'information sur le contact entre les parties chinoise et nord-coréenne. Concernant votre deuxième question, je vous affirme que M. Wu Dawei, Chef de la délégation chinoise aux pourparlers à six et Vice-Ministre des Affaires étrangères, accompagne le Conseiller d'Etat Tang Jiaxuan aujourd'hui en visite en Grande-Bretagne, puis au Japon et en République de Corée.

Q : Avez-vous d'autres éléments sur les actions prises par la police chinoise pour combattre les terroristes du « Turkestan oriental » au Xinjiang ? Les autorités chinoises de la sécurité publique ont fait remarquer l'année dernière que le terrorisme était la plus grande menace contre les Jeux olympiques. Est-ce que la Chine s'en inquiète ?

R : J'ai pris note des récentes informations sur la frappe antiterroriste engagée par la police chinoise au Xinjiang, mais je n'en dispose pas de détail. Veuillez vous adresser au département compétent. Sur la question de la lutte contre le terrorisme, la Chine, tout comme la communauté internationale, adopte une attitude ferme.

Q : Quelle est la position chinoise sur le projet américain d'abattre un satellite qui va bientôt s'écraser ?

R : J'ai déjà exposé la position chinoise sur cette question il y a quelques jours. Le gouvernement chinois suit avec beaucoup d'attention l'évolution de cette affaire. Il a demandé aux Etats-Unis de remplir effectivement leurs obligations internationales pour éviter que l'opération porte atteinte à la sécurité dans l'espace extra-atmosphérique et aux pays concernés. Actuellement, les départements chinois compétents suivent de très près la situation et se mettent à étudier les mesures de prévention à prendre.

Q : L'envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Myanmar Ibrahim Gambari est en visite en Chine. Quels officiels chinois a-t-il rencontré aujourd'hui ? Quelles sont les questions abordées par les deux parties ?

R : M. Ibrahim Gambari a visité Beijing ces deux derniers jours et a rencontré le Ministre Yang Jiechi et le Vice-Ministre Wang Yi.

Au cours de la rencontre, le Ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi a fait remarquer que le Myanmar est un pays voisin et ami de la Chine. La Chine soutient les efforts du gouvernement du Myanmar pour promouvoir le processus politique national, préserver la stabilité du pays et améliorer les conditions de vie du peuple, et elle souhaite que le Myanmar réalise au plus tôt la démocratie et le développement, ce qui correspond aux intérêts du peuple du Myanmar, et la communauté internationale doit également consacrer des efforts communs dans ce sens. En octroyant des aides constructives au Myanmar, la communauté internationale aura à adopter une approche objective, équitable et équilibrée, à garder la patience et la confiance, et à travailler davantage pour amener les diverses parties du Myanmar à renforcer leur confiance réciproque à travers le dialogue. La Chine soutient les efforts de médiation du Secrétaire général des Nations Unies et de M. Ibrahim Gambari.

M. Ibrahim Gambari a donné une appréciation favorable au rôle majeur joué par la Chine pour trouver une solution appropriée à la question du Myanmar, et a remercié la Chine pour son soutien aux efforts de médiation du Secrétaire général des Nations Unies. Il a fait savoir qu'il continuerait à contribuer au règlement approprié de la question du Myanmar.

Lors de sa rencontre avec M. Ibrahim Gambari, le Vice-Ministre Wang Yi a dit : La Chine suit avec attention l'évolution de la situation au Myanmar et souhaite que le Myanmar maintienne la stabilité et le développement, et réalise la démocratie et l'harmonie. Aujourd'hui, la situation au Myanmar tend globalement vers la détente et évolue dans un sens favorable. Le gouvernement du Myanmar décide d'accélérer la mise en œuvre de la « feuille de route en sept points » et a établi un calendrier à cette fin, nous estimons que cela mérite d'être accueilli favorablement et apprécié à sa juste valeur. La question du Myanmar, liée à multiples facteurs, ne sera finalement réglée de manière appropriée que par le gouvernement et le peuple du Myanmar à travers le dialogue. La communauté internationale peut fournir de l'aide constructive dans ce processus, tandis qu'exercer la pression et imposer des sanctions n'aident pas à résoudre la question. La Chine soutient les efforts de médiation du Secrétaire général des Nations Unies et de M. Ibrahim Gambari.

M. Ibrahim Gambari a décrit à la partie chinoise sa récente visite dans certains pays et ses réflexions sur le travail de la prochaine étape. Il a fait remarquer que la médiation est un processus qui prend du temps. Il va continuer à travailler activement là-dessus sur la base du plein respect de la souveraineté du Myanmar.

Q : M. Ibrahim Gambari vient de donner une conférence de presse au cours de laquelle il a apprécié la contribution de la partie chinoise sur la question du Myanmar. Il a également fait remarquer que la Chine pourrait faire davantage, par exemple, exhorter le gouvernement du Myanmar à libérer le chef de l'opposition Aung San Suu Kyi. Quelle est la position chinoise là-dessus ?

R : Je ne dispose pas d'élément sur la conférence de presse donnée par M. Ibrahim Gambari. Durant sa visite, le Ministre Yang Jiechi, le Vice-Ministre Wang Yi et des officiels concernés du Ministère chinois des Affaires étrangères ont procédé à des échanges de vues approfondis avec lui sur la question du Myanmar. Sur cette question, je dois affirmer ceci : premièrement, la Chine n'intervient pas dans les affaires intérieures du Myanmar. Nous estimons que les affaires du Myanmar restent au bout du compte celles du gouvernement et du peuple du Myanmar, et qu'elles ne seront réglées de manière appropriée que par le gouvernement et le peuple du Myanmar à travers le dialogue et les consultations. Deuxièmement, nous sommes d'avis que la communauté internationale doit jouer un rôle constructif sur la question du Myanmar à condition de respecter sa souveraineté. Aujourd'hui, la situation au Myanmar tend vers la détente, et évolue dans un sens positif, les efforts de la communauté internationale doivent aider donc à la réalisation de la paix, du développement, de la démocratie et de l'harmonie dans ce pays.

Q : Pourquoi la Chine exprime-t-elle sa préoccupation sur l'indépendance du Kosovo ?

R : Je vous ai détaillé tout à l'heure quelques volets qui suscitent l'inquiétude chinoise sur la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo. Cette question touche à la paix et à la stabilité dans la région des Balkans, met en jeu les règles fondamentales des relations internationales, l'autorité et le rôle du Conseil de Sécurité des Nations Unies, et engage la réalisation de l'objectif de construire une société multiethnique au Kosovo. La proclamation unilatérale d'indépendance pourra engendrer des conséquences négatives dans tous ces domaines, et nous exprimons notre inquiétude à cet égard.

Q : M. Ibrahim Gambari a-t-il demandé à la Chine de l'aider pour arranger une nouvelle visite au Myanmar ? Selon la presse sud-coréenne, la Chine, la RPDC et la République de Corée vont se réunir à Shenyang cette semaine pour discuter de l'aide énergétique à la RPDC, veuillez confirmer cette information ?

R : Sur votre première question, la Chine, le Secrétaire général des Nations Unies et M. Ibrahim Gambari ont eu entre eux, à maintes reprises et par divers moyens, des échanges de vues approfondis sur la question du Myanmar, et ces échanges se sont avérés bien utiles. Sur cette question, la Chine continuera à jouer un rôle positif et constructif.

Sur votre deuxième question, pour le moment, je n'ai pas d'information à ce propos. La Chine, la RPDC et la République de Corée ont engagé à plusieurs reprises des consultations sur l'octroi de l'aide à la RPDC, qui vont, je crois, se poursuivre. Je vous en tiendrai au courant dès que j'aurai des informations exactes.

Q : Sur la question de satellite, pourquoi la Chine a-t-elle exprimé son inquiétude ?

R : Non seulement la Chine, mais beaucoup d'autres pays suivent cette affaire avec attention. Je vous ai déjà exprimé la position chinoise à ce sujet, je n'ai plus rien à ajouter.

Q : Les représentants des Etats-Unis et de la RPDC se sont rencontrés aujourd'hui, et Mme Condoleezza Rice entamera sa tournée en Asie la semaine prochaine. Pensez-vous qu'on se trouve actuellement à un moment critique pour la sortie du blocage du processus des pourparlers à six ? Est-ce que la Chine souhaite voir les Etats-Unis et la RPDC renforcer davantage leur confiance mutuelle ?

R : Sur la question des pourparlers à six, le renforcement de la communication, des consultations et de la confiance mutuelle entre les parties concernées profitera au progrès de ce processus. Depuis un certain temps, les pays concernés ont intensifié leurs efforts sur le dossier nucléaire de la Péninsule coréenne et les pourparlers à six. Nous espérons que ces efforts pourront aboutir à de nouveaux résultats.

Q : Deux questions. La première porte sur l'affaire des raviolis chinois qui ont provoqué des intoxications au Japon. Lors de la dernière conférence de presse, vous avez exprimé le souhait de voir les experts chinois et japonais engager des échanges et coopération à ce sujet. Selon certaines sources, les experts des deux pays mèneront, dans la dernière décade de ce mois, des consultations au Japon. Pourquoi la Chine et le Japon ont-elles des opinions différentes sur les causes de la contamination des raviolis ? D'après vous, comment les deux pays doivent-ils coopérer ? Une autre question, aujourd'hui, le Commissaire général adjoint de l'Agence nationale de la Police du Japon est arrivé à Beijing. Quels seront les responsables de la sécurité publique chinoise qu'il rencontra ? Dernière question, selon les principaux journaux américains, on a signalé aux Etats-Unis des cas qui révèlent des effets nocifs des produits pharmaceutiques chinois sur la santé. Connaissez-vous des détails à ce sujet ?

R : Concernant la question des raviolis, je vous ai déjà présenté à maintes reprises les efforts conjoints déployés par la Chine et le Japon ainsi que le travail actif accompli par la Chine dans l'enquête de cette affaire. Vous avez dit tout à l'heure que la Chine et le Japon avaient des points de vues différents sur les causes de cette affaire. Vos propos ne tiennent pas debout, car les deux pays n'en ont pas encore tiré la conclusion et que les enquêtes sont toujours en cours. Récemment, des progrès ont été enregistrés dans les enquêtes, mais il est encore nécessaire pour les deux parties de poursuivre leurs efforts et de coopérer plus étroitement pour éclairer les causes de cette affaire. La Chine a déjà proposé au Japon d'intensifier les efforts dans l'enquête commune, en créant, par exemple, un groupe d'enquête conjoint composé des départements du contrôle de la qualité et de la sécurité publique des deux pays. Actuellement, les autorités chinoises de la sécurité publique maintiennent des contacts efficaces avec la police japonaise. Le Ministère chinois de la Sécurité publique enverra, dans les jours à venir, une mission au Japon pour mener une enquête et échanger des informations et des vues avec la police japonaise sur l'enquête de cette affaire. Nous souhaitons continuer à bénéficier, durant tout le processus de l'enquête, de la coopération active de la partie japonaise, pour rétablir la vérité le plus tôt possible. Cela est dans l'intérêt des deux parties, profite aux consommateurs japonais et aux producteurs chinois, et favorise le développement normal des relations économiques et commerciales entre les deux pays.

Le Commissaire général adjoint de l'Agence nationale de la Police du Japon Takaharu Ando effectuera bientôt une visite en Chine conformément à un accord réalisé plus tôt entre les deux parties. Au cours de cette visite, il échangera ses vues avec la partie chinoise sur la coopération policière entre les deux pays. Quant au programme détaillé de cette visite, je vous renvoie au Ministère chinois de la Sécurité publique pour plus d'informations.

Sur votre deuxième question, les Etats-Unis ont fait remarquer à la Chine le problème concerné et la Chine a immédiatement mené une enquête à ce sujet. Je vous invite à vous renseigner auprès du département chinois compétent pour obtenir des informations plus précises là-dessus.

Q : Je voudrais vous poser une question sur le démantèlement par la police chinoise d'une organisation terroriste au Xinjiang. Selon l'édition d'hier du journal Global Times, cette organisation a des liens avec des forces étrangères. Savez-vous avec quels pays exactement ? Est-ce que la Chine a pris des contacts avec les gouvernements des pays concernés ? Une autre question, concernant le Kosovo, la Chine craint-elle que Taiwan établisse en premier des relations diplomatiques avec le Kosovo ?

R : Sur votre première question, je n'ai pas plus d'informations à vous fournir. Je vous invite à vous renseigner auprès de la police chinoise.

Concernant votre deuxième question, sur le Kosovo, la position de la Chine est connue de tout le monde. Taiwan, qui est une partie de la Chine, n'a nullement qualité ou droit pour prononcer la soi-disant reconnaissance ou en discuter. Il n'existe qu'une seule Chine dans le monde, le gouvernement de la République populaire de la Chine est l'unique gouvernement légal représentant la Chine tout entière, et Taiwan est une partie intégrante du territoire chinois. Il s'agit là d'un consensus universel de la communauté internationale. Nous nous opposons résolument à ce que Taiwan soit séparé du reste de la Chine par quiconque ou par n'importe quelle organisation et de quelque manière que ce soit. Tout complot visant à séparer Taiwan de la Chine sera voué à l'échec.

Q : Concernant la découverte aux Etats-Unis des cas révélant des effets négatifs des produits pharmaceutiques chinois sur la santé, est-ce que la partie chinoise a eu des échanges d'informations avec la Food and Drug Administration américaine (FDA) ? J'ai entendu dire que les Etats-Unis avaient décidé d'envoyer des experts en Chine pour mener une enquête sur cette question. Est-ce que la Chine y a donné son accord ?

R : Sur cette question, la Chine et les Etats-Unis maintiennent de bonnes communication et coopération. Quant aux formes et au processus de la coopération, je vous invite à vous renseigner auprès du département compétent.

Q : L'Ambassadeur Liu Guijin effectuera une visite au Soudan et au Royaume-Uni. Quel est l'objectif de sa visite ? Quels messages portera-t-il au gouvernement soudanais ? Pourriez-vous nous donner plus de détails sur la visite de M. David Miliband en Chine ?

R : Depuis qu'il a été nommé Représentant spécial du gouvernement chinois pour le Darfour, l'Ambassadeur Liu a fait un travail important pour le règlement du problème du Darfour et l'apaisement de la situation dans la région. Il s'est déjà rendu trois fois au Soudan, et a mené des échanges et consultations avec les départements des affaires étrangères des pays ayant des préoccupations sur le dossier du Darfour, notamment avec ceux des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Sa prochaine visite s'inscrit dans le prolongement de ces efforts.

Ces derniers temps, grâce aux efforts communs de la communauté internationale, y compris ceux de la Chine, des progrès encourageants ont été enregistrés sur la question du Darfour du Soudan. L'ONU et le gouvernement soudanais viennent de trouver, pour l'essentiel, un consensus concernant l'Accord sur le statut des forces. Actuellement, le déploiement de la Force ONU-UA avance progressivement et les différentes parties œuvrent ensemble pour promouvoir le processus politique au Darfour.

A l'heure actuelle, il importe de continuer à valoriser le rôle principal du mécanisme de consultations entre l'ONU, l'UA et le gouvernement soudanais. Les parties concernées doivent continuer à faire preuve de patience et à œuvrer au règlement adéquat du problème du Darfour à travers le dialogue et les consultations d'égal à égal, au lieu d'exercer la pression arbitrairement, afin d'éviter la complication de la situation. Dans le contexte actuel où le processus politique est nettement en retard par rapport au déploiement des forces du maintien de la paix, la communauté internationale doit intensifier effectivement les actions pour faire progresser le processus politique et poursuivre leurs efforts de persuasion pour demander aux forces rebelles du Darfour n'ayant pas encore participé aux négociations de la paix à prendre part au plus tôt au processus politique et à conclure, avec le gouvernement soudanais, un accord de paix global sur le Darfour. La communauté internationale doit aider le Soudan à améliorer la situation humanitaire et sécuritaire et à réaliser rapidement la paix, la stabilité et le développement dans la région du Darfour.

Au cours de sa visite au Royaume-Uni, l'Ambassadeur Liu aura des échanges de vues approfondis avec les principaux responsables du Ministère britannique des Affaires étrangères sur cette question, et il aura aussi une rencontre avec des hommes d'étude britanniques.

La Chine attache une grande importance à la prochaine visite de M. David Miliband, Ministre des Affaires étrangères et du Commonwealth du Royaume-Uni. Il s'agit d'un nouvel événement important dans les échanges entre les deux pays depuis la visite du Premier Ministre Gordon Brown en Chine en janvier dernier. Nous espérons que cette visite contribuera à faire avancer les relations sino-britanniques sur la base existante. Lors de cette visite, le Ministre David Miliband s'entretiendra avec le Ministre Yang Jiechi et sera reçu par des dirigeants chinois.

Q (du même journaliste) : Est-ce que cela signifie que la Chine soutient l'engagement de nouvelles négociations de paix entre les différentes fractions du Darfour ? Dans quelle mesure la Chine est-elle influente sur le gouvernement soudanais ?

R : La communauté internationale a la responsabilité commune de promouvoir le dialogue et les concertations entre les forces rebelles du Darfour et le gouvernement soudanais et de faire avancer le processus de paix et de réconciliation dans cette région. La Chine est prêt à jouer son rôle sur cette question en travaillant ensemble avec la communauté internationale. Nous espérons aussi que les pays concernés, notamment ceux qui sont influents sur les forces rebelles de la région, pourront y jouer un rôle important.

Q : La Chine craint-elle que les Etats-Unis procèdent à la destruction du satellite hors de contrôle pour déguiser leur teste des armes anti-satellites ?

R : Je voudrais vous réaffirmer que la Chine suit avec beaucoup d'attention l'évolution de l'affaire.  Nous avons déjà demandé aux Etats-Unis de remplir effectivement leurs obligations internationales pour éviter que l'opération porte atteinte à la sécurité dans l'espace extra-atmosphérique et aux pays concernés. Actuellement, les départements chinois compétents suivent de très près la situation et se mettent à étudier les mesures de prévention à prendre. Suite à l'annonce par les Etats-Unis d'une telle opération, la communauté internationale a aussi exprimé ses préoccupations. Je crois que les Etats-Unis doivent assumer effectivement les responsabilités qui leur incombent.

Q : Le Vice-Ministre Wang Yi a souhaité que le problème du Myanmar puisse être réglé à travers des consultations. Selon la Chine, quels sont les principes qui doivent régir ces consultations ?

R : Les consultations doivent s'engager sur la base des principes suivants : premièrement, l'égalité ; deuxièmement, la sincérité ; et troisièmement, les deux parties doivent poursuivre le même objectif, celui de réaliser la démocratie, la paix, la stabilité et l'harmonie au Myanmar pour le bien-être de son peuple.

S'il n'y a plus de question, je lève la séance. Merci de votre présence !

Après la conférence de presse, le porte-parole Liu Jianchao a donné des informations sur les grands efforts déployés par le Ministère des Affaires étrangères pour sauver les marins chinois naufragés dans les eaux des Philippines.

Selon lui, le 17 février, un navire panaméen, sur lequel se trouvaient 28 marins chinois, a fait naufrage dans les eaux des Philippines, au nord-ouste de l'île de Luzon. Le gouvernement chinois y attache une haute importance, et le Ministère chinois des Affaires étrangères a déclenché immédiatement le mécanisme d'urgence. Dans la même nuit, l'Ambassade de Chine aux Philippines a fait une représentation auprès du département philippin compétent, lui demandant de faire tout le nécessaire pour sauver les naufragés. Jusqu'à maintenant, 26 marins chinois ont été sauvés et sont transférés le 21 février à Kagoshima par un bateau japonais, tandis que les 2 autres marins sont toujours portés disparus. Le 19 février, le Consul général de Chine M. Wu Shumin à Fukuoka a adressé, par téléphone satellite, un témoignage de sympathie aux marins sauvés. Ces derniers sont en bonne santé.

La Chine exprime ses remerciements aux Philippines et aux autres parties concernées pour le concours qu'elles lui ont prêté. Le Ministère des Affaires étrangères et les Ambassades concernées continueront à suivre de près l'évolution de l'affaire et à exhorter le département compétent des Philippines à déployer tous ses efforts pour chercher et sauver les marins disparus. Ils travailleront, dans le même temps, pour bien soigner les marins sauvés et arranger leur rapatriement.



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