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Conférence de presse du 21 février


2008/02/21

Le 21 février 2008, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères a tenu une conférence de presse et répondu aux questions des journalistes concernant, entre autres, les pourparlers à six, le dialogue stratégique sino-japonais, la destruction d'un satellite hors de contrôle par un missile américain et les Jeux olympiques de Beijing.

Liu Jianchao : Bonjour à tous, je voudrais d'abord vous annoncer deux nouvelles :

Sur l'invitation du Président Hu Jintao, le Président de la République fédérale du Nigeria Umar Yar' Adua effectuera, du 27 février au 1er mars, une visite d'Etat en Chine.

Sur l'invitation du Ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi, la Secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice effectuera, les 26 et 27 février, une visite en Chine. Les parties chinoise et américaine échangeront leurs vues sur les relations bilatérales et les grandes questions internationales et régionales d'intérêt commun.

Maintenant, je suis prêt à répondre à vos questions.

Q : Aujourd'hui, les Etats-Unis ont détruit avec succès le satellite hors de contrôle par un tir de missile. Quel est votre commentaire ?

R : La Chine suit de très près les impacts que l'opération américaine pourrait éventuellement entraîner sur la sécurité dans l'espace atmosphérique et les pays concernés. Elle demande aux Etats-Unis de remplir effectivement leurs obligations internationales et de fournir rapidement et à temps les informations et données nécessaires à la communauté internationale, pour que les pays concernés puissent prendre des mesures de prévention.

Q : Mardi dernier, Christopher Hill et Kim Kye-gwan se sont entretenus à Beijing. Et aujourd'hui, les chefs des délégations de la RPDC et de la République de Corée aux pourparlers à six ont eu un entretien à Beijing et ont échangé leurs vues sur les pourparlers à six et le problème nucléaire de la Péninsule coréenne. Connaissez-vous le contenu de ces discussions ? Et quel est votre commentaire ?

R : La partie chinoise s'est entretenue respectivement avec M. Christopher Hill et M. Kim Kye-gwan, et ils ont échangé des informations sur leurs entretiens. Concernant la rencontre entre la RPDC et la République de Corée, nous n'en avons pas encore reçu d'information.

Des progrès tangibles et encourageants ont été enregistrés dans les pourparlers à six et le processus de la dénucléarisation de la Péninsule coréenne. Toutes les parties concernées, y compris la Chine, y ont déployés des efforts considérables. Malgré les difficultés que l'on rencontre actuellement dans les pourparlers, les différentes parties gardent toujours la volonté politique de remplir leurs obligations et d'aller de l'avant et maintiennent des contacts et coordination utiles. La Chine entend continuer à œuvrer avec les autres parties et la communauté internationale et à jouer un rôle constructif pour mettre en application, de manière intégrale et équilibrée, les différents accords conclus, faire progresser sans cesse les pourparlers à six et le processus de la dénucléarisation de la Péninsule, et réaliser progressivement tous les objectifs définis dans la Déclaration commune.

A la conférence de presse du mardi dernier, un journaliste a posé une question concernant la réunion du groupe de travail économique et énergétique qui aura lieu entre la Chine, la RPDC et la République de Corée. J'aimerais ici vous en donner quelques informations que j'ai obtenues. Suite à leurs consultations, la Chine, la RPDC et la République de Corée ont décidé en commun de tenir une réunion de coordination le 21 février à Beijing, pour discuter des questions concernant l'octroi par la Chine et la République de Corée des aides économiques et énergétiques à la RPDC dans le cadre des pourparlers à six. La Chine y sera représentée par une délégation composée des officiels du Ministère des Affaires étrangères et du Ministère du Commerce et conduite par Mme Chen Naiqing, Ambassadeur chargé des affaires de la Péninsule coréenne.

Q : Selon certains médias étrangers qui ont cité un officiel du Bureau national des Affaires religieuses, le Vatican pourrait prendre quelques actions sur la question de Taiwan et envoyer des représentants aux Jeux olympiques de Beijing. Est-ce que le Ministère chinois des Affaires étrangères estime que le Vatican est en train de faire des efforts ? Est-ce que le Vatican sera représenté aux JO de Beijing ? Par ailleurs, pourriez-vous nous dire jusqu'à maintenant, combien de pays ont décidé d'envoyer des représentants aux JO de Beijing ?

R : En ce qui concerne les relations entre la Chine et le Vatican, nous nous en tenons toujours à deux principes fondamentaux importants, et cette position n'a pas changé. La Chine maintient aussi des contacts avec le Vatican. Nous espérons que le Vatican pourra faire preuve de sincérité et régler les deux questions qui préoccupent particulièrement la Chine, afin de créer des conditions favorables à l'amélioration et à la normalisation des relations entre les deux pays. Quant à savoir si le Vatican sera représenté aux JO de Beijing, je n'ai pas, pour l'instant, d'information à vous fournir. A ma connaissance, jusqu'à présent, des dizaines de pays et une centaine de dirigeants et hommes politiques ont exprimé leur souhait de venir assister à cet événement sportif. Mais la liste définitive des personnalités qui y seront présentes reste encore à confirmer.

Q : L'organisation Tibet libre a fait une déclaration, disant que le gouvernement chinois a déployé de grands efforts pour généraliser le mandarin au Tibet, mais n'a pas fait le nécessaire pour la promotion du tibétain. Quel est votre commentaire ?

R : Beaucoup de journalistes ici présents ont visité le Tibet et connaissent très bien la situation concernant l'utilisation du tibétain dans cette région. Au Tibet, on accorde la même importance aux deux langues tout en accordant la priorité à l'utilisation du tibétain. On a consacré beaucoup d'efforts à l'étude, à l'utilisation et à la promotion de la langue tibétaine, qui est la langue courante des Tibétains. Quant à la déclaration de ladite organisation à laquelle vous venez de faire référence, ce n'est qu'un « mensonge qui nie l'évidence », comme le dit un dicton chinois, et elle n'arrivera pas, je crois, à tromper ceux qui connaissent bien la situation.

Q : Hier, à cause de l'opposition du Comité sur les Investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS), la société Huawei et son partenaire américain Bain Capital ont retiré leur demande d'acquisition des parts de la compagnie américaine 3COM. Craignez-vous que l'investissement des entreprises chinoises aux Etats-Unis puisse se heurter au protectionnisme américain ?

R : En Chine, à ma connaissance, Huawei est un équipementier de télécommunication assez performant, qui cherche activement à se développer sur le marché international, effectue des investissements commerciaux normaux conformément aux règles de l'économie du marché et prend des décisions d'investissement selon les besoins de son propre développement. Nous souhaitons que les autorités américaines compétentes puissent traiter la question selon la loi et de façon impartiale, pour créer un environnement équitable et juste pour l'investissement des entreprises chinoises aux Etats-Unis.

Q : Concernant les relations sion-japonaises, le dialogue stratégique sino-japonais aura lieu à Beijing à partir du demain. A ma connaissance, le thème principal reste la question de la Mer de Chine orientale. Croyez-vous que de nouvelles percées seront réalisées au cours de ce dialogue ? Par ailleurs, parlera-t-on de la question de raviolis dans le dialogue ? Les experts et les départements compétents des deux pays sont en cours de communication et d'échanges de vues à Tokyo sur cette question. Comment appréciez-vous le processus de l'enquête sur cette affaire ?

R : La huitième session du Dialogue stratégique sino-japonais aura lieu du 22 au 23 février à Beijing. Le Vice-Ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi et le Vice-Ministre permanent japonais des Affaires étrangères Mitoji Yabunaka vont diriger respectivement leur délégation à ce dialogue. Les deux parties procéderont, avec une vision stratégique et à long terme, à des échanges de vues approfondis sur le renforcement de leur confiance réciproque stratégique et de leur coopération. Il n'est pas exclu que les deux parties échangent des vues sur certains dossiers concrets dans le contexte où des problèmes se posent actuellement dans leurs relations. Les gouvernements et les départements compétents des deux pays accordent une grande attention à l'affaire de raviolis, et les deux parties sont en train de mener une enquête concertée là-dessus, afin de tirer au clair cette affaire au plus tôt et d'en trouver les causes. Je souhaite que l'enquête concernée puisse se dérouler favorablement et aboutir finalement à des résultats utiles, et que les deux parties continuent à renforcer leurs coopération et coordination de sorte à faire ensemble toute la lumière sur cette affaire.

Q : Lors de sa visite au Ghana, le président américain Bush a fait remarquer que la Chine cherchait à obtenir les ressources commerciales de l'Afrique, qu'elle faisait très peu pour améliorer les conditions de vie des peuples africains et que la politique américaine visait à aider les peuples africains. Avez-vous un commentaire à ce sujet ?

R : Je n'ai pas de commentaire sur la politique africaine des Etats-Unis. Et Je souhaite que cette politique profite à la paix et au développement en Afrique. Quant à la politique de la Chine à l'égard de l'Afrique, premièrement, c'est une politique responsable. Deuxièmement, la politique économique et commerciale de la Chine à l'égard de l'Afrique vise à établir entre elles des relations de coopération économique et commerciale mutuellement avantageuse et gagnant-gagnant, à promouvoir la réalisation de la paix en Afrique et à favoriser le développement de ce continent. Troisièment, la coopération sino-africaine est largement saluée par les pays africains. J'ai constaté que lors de sa rencontre avec le président Bush, le président ghanéen John Kufuor avait précisé que c'était en tant qu'ami et partenaire que la Chine participait à la construction et à la coopération en Afrique. Je crois que cette déclaration représente la voix commune de la plupart des pays et des hommes d'Etat de l'Afrique de même que des peuples africains, et c'est un fait que personne ne peut nier, quelle que soit son attitude ou interprétation sur la politique africaine de la Chine.

Q : Récemment, en Chine comme à l'étranger, certaines personnes ont formulé des avis sur les approches permettant à la Chine de mieux honorer les engagements qu'elle avait pris pour obtenir le droit d'organisation des Jeux olympiques et d'améliorer l'état des droits de l'homme, par exemple, certains intellectuels chinois proposent que l'Assemblée populaire nationale ratifie le Pacte international relatif aux droits civiques et politiques. Quelles sont les mesures que le gouvernement chinois va prendre avant l'ouverture des Jeux olympiques de Beijing pour répondre aux attentes de la communauté internationale ?

R : Je pense que ce n'est pas seulement avant l'ouverture des Jeux olympique que le gouvernement chinois œuvre à l'amélioration des droits de l'homme. Après la proclamation de la Chine nouvelle, le Parti communiste chinois et le gouvernement qu'il dirige ont toujours œuvré à l'amélioration des droits de l'homme en Chine, et érigé en loi la protection des droits de l'homme. Au cours de dizaines d'années passées, notamment depuis la réforme et l'ouverture, le gouvernement chinois a déployé, en matière d'amélioration des droits de l'homme, des efforts massifs qui ont abouti à des succès importants. Beaucoup de journalistes ici présents vivent déjà en Chine depuis longtemps, et ils constatent également que les droits à l'existence et au développement du peuple chinois de même que ses droits politiques et démocratiques ne cessent de s'améliorer et se développer. Que ce soit avant les Jeux olympiques, pendant la période préparatoire ou après ce grand événement sportif, le gouvernement chinois va toujours s'employer à l'amélioration et à la protection des droits de l'homme. Sur cette question, les propositions de bonne volonté sont bienvenues. En même temps, nous estimons qu'il faut associer le développement et la protection des droits de l'homme en Chine avec les réalités nationales concrètes afin de promouvoir sans discontinuer l'œuvre des droits de l'homme dans le pays.

Q : Selon « China Daily », le président du CIO Jacques Rogge a récemment fait savoir que le président américain Bush et le président français Sarkozy pourraient venir en Chine assister aux Jeux olympiques. Pouvez-vous confirmer cette information ?

R : Le président Bush et le président Sarkozy ont tous exprimé leur volonté de venir à Beijing assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. Nous leur souhaitons une chaleureuse bienvenue.

Q : Aujourd'hui, la police japonaise a fait remarquer que les raviolis contaminés exportés vers le Japon avaient été bien probablement pollués à l'intérieur de la Chine par l'insecticide. Avez-vous un commentaire sur cette déclaration ?

R : J'ai noté que la police japonaise avait fait des déclarations similaires la semaine dernière. Il faut s'appuyer sur les enquêtes consciencieuses, scientifiques et complètes pour prouver si ces jugements ou conjectures sont bien fondés ou non. Dans la phase actuelle, juger l'ensemble de l'affaire en se basant sur des conjectures ou des appuis partiels et incomplets est une attitude injuste et irresponsable. A notre avis, la police a ses règles à respecter dans l'enquête. J'ai pris note des observations de certains médias japonais selon lesquelles la partie chinoise et la partie japonaise doivent s'atteler, de leur mieux et avec tout le sérieux qui s'impose, au travail d'enquête sur l'affaire de raviolis, au lieu de se blâmer mutuellement ou de rejeter la responsabilité à l'autre partie. A l'heure actuelle, toute conjecture mal fondée n'aide pas au travail d'enquête.

Q : Veuillez nous présenter le programme de visite concret de la Secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice en Chine ? Quels sont les officiels chinois qu'elle va rencontrer ? Quels sont les thèmes à aborder ?

R : La Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice effectuera une visite en Chine du 26 au 27 février. Certes, c'est une visite de courte durée et bien intensive, mais le programme est très riche. Elle va rencontrer des dirigeants chinois et s'entretenir avec le Ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi. Le programme concret est encore en discussion entre nous et la partie américaine. Nous vous en tiendrons au courant dès qu'il sera fixé, et vous êtes bienvenus pour couvrir cette visite.

La partie chinoise estime que le déplacement en Chine de la Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice est une visite diplomatique importante entre la Chine et les Etats-Unis. Nous souhaitons que les deux parties procèdent, à travers cette visite, à des échanges de vues sur de nombreux sujets d'intérêt commun afin de mieux mettre en oeuvre les consensus importants obtenus entre les dirigeants des deux pays, de renforcer les échanges et la coopération dans les divers domaines et de favoriser un développement sain, régulier et durable des relations de coopération constructive sino-américaines.

S'il n'y a plus de question, je lève la séance. Merci de votre présence!



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